Le Prince Noir

Cet adolescent intrépide qui écumait les pistes de karting des environs de Rome sous le regard de Giulio, son père, voici maintenant une dizaine d’années, a déjà franchi le cap de l’expérience et des souvenirs. Elio de Angelis n’a pourtant pas vieilli avant l’âge. Aujourd’hui, dans cette combinaison noire qui accentue les contrastes, il semble, en ayant dépassé d’un an son propre quart de siècle, avoir été épargné par l’inexorable enchaînement du temps.

Quand il compare des photographies de lui, de ses débuts en karting à la Formule 1, Elio de Angelis n’a aucune raison de se découvrir très différent de ce qu’il était, extérieurement parlant du moins. Les autres non plus ne voient pas ce séduisant Italien tellement changé. Impossible d’admettre, par exemple, que ses traits ont durci. Elio de Angelis promène une candeur identique à celle de ses premiers pas en Formule 1. Il affiche aussi, peut-être, un certain détachement qui ne masque pas une belle fureur de s’imposer, cette fameuse «rage de vaincre» qui habite les champions d’exception. Bref, Elio este resté de Angelis en gravissant irrésistiblement sa pente ascensionnelle. Ses résultats, à base de brio et de régularité, plaident sa cause de pilote. Mais ce que l’homme retient de toute sa carrière comme sensation majeure, absolue même, c’est sa rencontre avec Colin Chapman, lors des essais du Grand Prix d’Angleterre 1979 à Silverstone, dans un coin retiré, derrière les stands de piste. «Je m’étais qualifié entre les deux Ferrari de l’époque, derrière Jody Scheckter et devant Gilles Villeneuve. Chapman surgit devant moi, me félicita et me demanda immédiatement mes intentions pour 1980. Le tout en quelques mots brefs. Je n’eus pas le temps de réfléchir, tellement j’étais impressionné.» Sa destinée se joua donc décisivement en ce 13 juillet 1979. Elio de Angelis n’était pourtant que l’un des cinq noms (les autres étant Nigel Mansell, Eddie Cheever, Jan Lammers et Stephen South) que le constructeur de Lotus avait «en tête».

Et l’on imagine aisément, avec le recul, tout ce que Chapman avait pressenti en de Angelis. Il rêvait pour lui d’un avenir en train de s’accomplir Chapman, le fait est établi, n’a jamais regretté son choix. Et Elio ?… Plongé dans le jeu des sollicitations multiples, des surenchères occultes, des négociations en sous main, il n’a jamais rien regretté non plus, même au milieu des pires vicissitudes qui ont frappé cette écurie John Player Special. «Il faut de tout cela dans une vie d’homme pour progresser…» dit-il d’une voix calme. La grande force d’Elio de Angelis, c’est d’avoir suivi sa propre ligne en surmontant tous les obstacles et en évitant toutes les chicanes qui émaillent une jeune carrière. Il n’a jamais cédé à l’accessoire. Il ne s’est jamais laissé distraire par le superflu. Ni éblouir par des mirages venus d’ailleurs. Rien, pourtant, ne lui a été épargné. Ni la tristesse de la disparition de Colin Chapman. Ni les tourments qui ont accablé Lotus. Ni même les périodes de doute et de remise en question qui assaillent un néophyte de la Formule 1 et une écurie de premier plan. Ce jeune premier Italien a réussi, prosaïquement, à venir à maturité, à épanouissement plutôt, sans rien perdre de son élégance ni de sa délicatesse naturelles. Il figure désormais dans l’élite ultra-restreinte des coureurs que l’on aimerait s’arracher à prix d’or, c’est-à-dire à une évaluation à peu près exacte de leur grande classe. Ce genre de compliment, Elio de Angelis le reçoit en souriant avec mesure. En une seconde, il oublie sa réserve instinctive. «Lotus, c’est ma deuxième famille…» L’éclair de bonheur qui illumine son œil n’est pas une invention de l’esprit.

En vérité, Elio de Angelis est plus heureux que tout autre pilote d’avoir conquis une place de choix au soleil de la Formule 1 car, a priori, il semblait voué à une existence tellement facile qu’on ne le soupçonnait guère capable d’une telle rigueur interne. A son sujet, les apparences, constatation banale mais vérifiée, son souvent trompeuses. Quand on lui demande ce qu’il aurait fait de sa vie s’il n’avait pas réussi à s’imposer en Formule 1, il répond paisiblement : «Je ne l’ai jamais envisagé.» Il lui a fallu vaincre des préjugés qui le précédaient. Cet univers difficile de la Formule 1 n’accepte pas ceux qui s’y aventurent sur leurs seuls dons. Elio le sait. Il n’en a jamais rien dit, même s’il a souffert plus souvent qu’à son tour Italien attaché à la plus prestigieuse écurie anglaise, il était condamné à se battre, en priorité, pour lui-même. Pour la satisfaction de s’affirmer comme un transplanté. «J’avais grandi dans l’admiration de Jim Clark. J’avais dix ans quand il mourut. Par la suite, j’ai lu tout ce qui le concernait. Cet homme là me fascinait. Il était mon modèle intime et secret avant même ce contact avec Colin Chapman. Je m’en suis ouvert fréquemment avec Colin Chapman mais, paradoxalement, il n’aimait pas beaucoup évoquer la mémoire ou les exploits de Clark. J’avais touché un point sensible…» soufflet-il avec délicatesse. Il avait réveillé une vieille douleur, un de ces chagrins qui ne s’atténuent jamais. Par la suite, dans le feu de son apprentissage, Elio de Angelis a reporté toute sa faculté d’admiration sur Niki Lauda. Et maintenant ?… «Je ne me réfère plus qu’à moi-même…» avance-t-il, le visage grave. Pas par forfanterie mais, ce qui est essentiel, par confiance…

Il achève sa sixième saison consécutive de Formule 1. Ce qu’il a acquis au fil des années et des Grands Prix, il l’évalue en pleine conscience. Côté positif, Gérard Ducarouge parle pour lui : «A 25 ans, Elio a une connaissance de la Formule 1 unique en son genre, par rapport à son âge. Il n’est pourtant pas encore à son sommet. Il possède tout, la jeunesse, l’expérience, le talent. Il a le potentiel d’un champion du monde. A nous de lui fournir le matériel digne de ses moyens et de ses ambitions.» Côté négatif, Elio de Angelis nourrit un regret : «J’ai disputé exactement six Grands Prix de moins que Nelson Piquet, qui a six ans de plus que moi. Et lui il a déjà été deux fois champion du monde…».

Le grand aveu est lâché. Elio de Angelis se situe désormais au rang où son entourage, celui de ses adversaires comme celui de Lotus, l’installe. Sur l’orbite mondiale. Le rêve n’est pas hors de portée d’Elio. Et s’il s’analyse par comparaison avec le palmarès de Piquet, c’est pour se dévoiler encore plus nettement : «Une motivation, ça se préserve. C’est une question à régler avec soi-même. On n’a pas le droit de tricher dans ce sport. Je ne veux pas me leurrer sur moi-même. Mon expérience de la Formule 1 ne me servirait à rien si mon caractère me poussait à me satisfaire de mon état présent. Je n’imagine pas de terminer comme un vieux boxeur ou un vieux pilote, en étant perclus de coups au physique comme au moral. L’envie de courir au maximum de ses ressources, l’ambition renouvelée d’un objectif suprême, le plaisir de progresser ou de s’enrichir de nouvelles sensations, ce sont autant de données humaines et sportives qui s’entretiennent de par le choix délibéré que l’on fait de ses grandes options. Un garçon comme Nelson Piquet est certainement plus saturé que moi.» Et le propos s’éteint comme une question sans réponse.

Cette projection de lui-même dans son propre futur, Elio de Angelis la considère comme le dernier bond qu’il lui reste à effectuer. Pour avoir découvert très jeune les arcanes et les embûches de la Formule 1, cet Italien bien tranquille ne s’exprime jamais qu’en se fondant sur son expérience personnelle. Ce qu’il sait, il ne l’appris que par lui-même. Il s’est lancé un grand défi. «Ce qui importe dans notre métier, c’est l’opportunité de disposer de la meilleure machine ou, à tout le moins, d’une des meilleures du moment. A nous les pilotes, plus qu’à n’importe quelle autre sorte de sportifs, le temps est compté. A 38 ans, je ne serai pas aussi bien dans ma peau que je ne le suis aujourd’hui. Et dans dix ans, je veux avoir saisi ma chance à fond…» affirme-t-il, avec la sérénité des forts, les yeux rivés sur cet échéancier précis. Sa longue appartenance à Lotus lui impose, – il est imprégné de cela -, de gagner ce pari sur l’adversité. Et le regard qu’il promène sur cette phalange «noir et or», d’Hazel Chapman à Peter Warr et Gérard Ducarouge, en passant par tous les collaborateurs, n’est pas celui d’un banal mercenaire des circuits. «Après tout ce qu’ils ont fait pour moi, après tous les efforts, dans les bonnes et les… moins bonnes heures je leur dois bien de devenir, un jour, champion du monde. Toutes ces années passées ensemble n’ont été ni perdues ni gâchées, je le sais. Tout le monde, chez Lotus, s’est montré formidable à mon égard. Nos rapports de travail ont été également les rapports d’amitié. Des liens se sont créés. D’accord, ce serait grisant pour moi d’arracher le titre mondial dans l’absolu mais, au-delà de cette performance, l’important est de le conquérir chez Lotus. Spécialement pour Lotus et en reconnaissance d’un tas de choses.» Les bonnes fées qui se penchèrent, le 26 mars 1958 sur le berceau romain d’Elio de Angelis lui ont vraiment apporté, en plus du confort et de tous les dons possibles, une rare noblesse d’âme. Et cette idéalisation de son métier-passion est une des faces cachées de sa motivation.

Ces mêmes fées lui ont offert aussi, en raffinement, une patience qu’il ne faut surtout pas confondre avec n’importe quelle résignation. Elio de Angelis le reconnait avec modestie : il a dû attendre un certain temps avant de se sentir au mieux dans sa combinaison de pilote, c’est-à-dire avant d’atteindre son régime optimal. «J’ai quand même attendu une quarantaine de Grands Prix avant d’en remporter un, le 13 août 1982 à Zeltweg, à la bataille avec Rosberg. Ce jour là, un rideau s’est déchiré devant moi. J’ai mieux perçu la réalité de la compétition, dans sa complexité. A partir de là, j’ai compris que, dès lors, rien ne serait plus comme avant pour moi. Au fond, le vrai prix d’une victoire ne s’évalue pas dans l’euphorie du moment et dans la satisfaction matérielle qui s’ensuit. Il se mesure dans la dimension qu’elle donne, dans ce seuil invisible qu’elle permet de franchir Cela étant, on voit les choses et les gens sous un éclairage différent. On est investi de responsabilités supplémentaires. Et on a perdu le droit de décevoir» affirme-t-il, sans aucune trace de précipitation dans son exposé, en savourant visiblement le plaisir de retracer tout ce qu’il a traversé et ressenti, en rose comme en gris, dans le kaléidoscope de sa carrière. Elio de Angelis avait concrétisé le retour de Lotus vers les sommets. Il était tout autant l’instrument que le symbole du renouveau de Lotus. Il avait rendu à Colin Chapman le goût de sa splendeur passée. Et d’une certaine manière, il était chargé d’une mission supplémentaire…

Certes, depuis ce 13 août 1982, Elio de Angelis n’a pas récolté tous les succès qu’il aurait voulu et dont il était aussi digne, indiscutablement, que sa machine. A défaut d’être l’homme des coups d’éclat, son évolution de carrière s’est effectuée à son image, beaucoup plus subtilement, sur le fil du rasoir de la fiabilité, du brio et de la régularité. Un pilote qui termine en très bonne place les Grands Prix, qui accumule les points et qui monte fréquemment sur les podiums, bâtit son palmarès avec grand mérite et se présente aux yeux de l’opinion comme un vainqueur du deuxième type. Il s’en explique avec réalisme : «Quand on débute, dans la course en général et plus spécialement en Formule 1, on n’a qu’une obsession, aller vite et être le meilleur presque à tout prix. Évidemment, c’est une stimulation élémentaire, voire le dénominateur commun de tous les pilotes. Il ne s’agit surtout pas d’en rester là, de se cantonner sur ces positions primaires. Aujourd’hui, je me connais mieux, je sais que je peux aller à la limite sans prendre des risques insensés ou exagérés, pour moi comme pour la machine. Naguère, je croyais que je pouvais régler ma voiture tout seul, en me fondant sur mes seules impressions. Cette présomption, je m’en suis débarrassé. Je parle beaucoup et j’écoute encore plus, je dialogue beaucoup plus avec les miens que par le passé. Et je crois ainsi être logique avec moi-même et avec mon métier…». Au gré de cette introspection, son front s’est barré d’une ride de sériosité. Sa démarche s’est révélée d’une implacable logique. Dans ce binôme Elio de Angelis-Lotus J.P.S., l’homme et la monoplace vont de pair.

Et quand cet Italien calme reconnaît «avoir appris le prix de la réflexion», il convient de comprendre, au-delà des mots, qu’il a franchi un seuil de non-retour dans son approche globale de la Formule 1. Il a l’âge et les moyens de ses grandes ambitions. Il l’exprime par fierté, pour mesurer le chemin parcouru. Sa volonté de réussir est, aussi, clairvoyance et méthode. Elio de Angelis n’a peur de rien. Pas même de l’accident ou de la mort. «Mon grand amour, c’est la course, en priorité sur tout le reste. Je ne sacrifierai pas une femme à mon métier. Aucune passion n’est aussi forte en moi que celle de courir…» Il a parlé spontanément, sans qu’il ait été besoin de l’entrainer sur ce délicat sujet entre tous. Cet homme qui s’épanouit dans la vitesse ne triche pas avec l’ordre des valeurs qu’il se choisit. Personne, dans son entourage ne s’est dressé contre sa détermination. Et pourtant, il a des projets, à terme, plein la tête…

Une fois qu’il aura rangé son casque et sa combinaison, Elio de Angelis se lancera sur une autre trajectoire d’existence. Il l’a déjà prévu. Il le dévoile. «Pour le moment, ce que me rapporte la course, je l’investis dans des affaires immobilières en Sardaigne, avec mon jeune frère Roberto. Un jour, je me plongerai à fond dans ce milieu. Rien ne presse. Il me faut d’abord atteindre mes objectifs de pilote. Comment envisager de faire autre chose que la course sans en avoir retiré toutes les joies possibles ?». S’il s’interroge ainsi à haute voix, c’est pour mieux exprimer sa certitude de se fournir, un jour, toutes les réponses qu’il souhaite et que chacun espère autour de lui. Il n’a jamais eu, depuis sa naissance, ce que l’on qualifie pudiquement de «soucis d’argent». C’est précisément pour cette raison qu’il s’est toujours montré, sous des apparences faciles, extrêmement exigeant avec lui-même. La filière qu’il a suivie pour entrer dans la Formule 1 puis pour accéder au sommet n’a jamais été un libre choix. «Je ne serais pas capable de bien me battre, souffle-t-il, si je traînais en moi une frustration ou un certain désenchantement…». Il a fait don de sa personne, de sa jeunesse et de son enthousiasme à la course. Et s’il se dresse un plan de carrière au-delà des paddocks, c’est uniquement pour montrer qu’il entend rester de maître de sa destinée. Les occasions de quitter Lotus ne lui ont pas été ménagées. «Je les ai repoussées, observe-t-il, parce que j’ai quelque chose à réussir avec eux.». Et dans le fond de ce stand où il s’est réfugié discrètement, ses yeux se portent, avec leur éternelle flamme de mélancolie, sur la nuée d’hommes en noir qui s’affairent en silence sur la Lotus-J.P.S. nº 11, le numéro de son grand bonheur. Il est entré, un jour, dans ce commando noir, il y a grandi, il s’y est épanoui. Et, nous n’en doutons pas, il y demeurera le temps qu’il faudra…

De lui, de ce garçon un peu énigmatique, Gérard Ducarouge, qui s’y connaît bien en hommes et en pilotes, dit souvent : «qu’il est plus un gentilhomme qu’un gentleman». Il se serait trahi en reniant sa personnalité de latin dans une écurie typiquement anglaise. «Elio n’est pas spontané dans le détail ou dans la communication. Il l’est, par contre, dans les grandes lignes de l’analyse du comportement d’une monoplace. Il parle juste et avec réflexion. Il facilite ainsi le travail. Ensuite, c’est lui seul qui termine le reste…».

Ce portrait de lui amuse Elio de Angelis. «Quand on mesure le travail énorme des ingénieurs et des mécaniciens, on n’a pas le droit de se tromper. Je sais tout ce qu’ils attendent de moi. Mon devoir est de leur donner satisfaction…» explique-t-il paisiblement. Il n’est assurément pas le premier pilote à tenir ce langage. Mais la conscience qu’il a de cette évidence éclaire mieux son style et sa manière. A force de finir des Grands Prix dans les points, il entrera peut-être au paradis de la consécration suprême. Cette Perspective le conforte et le stimule. «Oui, c’est exact.» reconnaît-il, comme si l’on avait percé son secret. «Je m’accorde encore une grande marge de progression. Ce n’est pas une question de temps mais beaucoup plus, une question de circonstance…» consent-il à avouer, sur ce même ton uniformément calme et mesuré dont il ne se départit jamais.

Aujourd’hui, tel quel, Elio de Angelis est un homme arrivé, bien positionné dans sa propre dimension. Il est passé, longtemps, pour l’archétype de ces jeunes garçons comblés par l’existence qui se lançaient dans la course plus par souci de remplir leur désœuvrement que par celui de s’assumer totalement dans un métier difficile. La course n’appartient pas uniquement à ceux qui peinent pour boucler leurs fins de mois. Il ne sert à rien de lui demander s’il n’a pas souffert, pendant quelque temps, d’être considéré plus comme un jeune premier des circuits, un héros de cinéma à la limite, que comme un authentique champion. Cette ambiguïté d’hier de sa silhouette, il la balaie d’un revers de mot. «La Formule 1, ce n’est pas du cinéma. Et aucune piste ne ressemble à Cineccita.» Son élégance naturelle lui sert d’armure contre les agressions de l’envie et de la médiocrité. Il ne s’enferme pas dans une certaine solitude par mépris de son environnement mais par discrétion et concentration. Le personnage qu’il est, Elio de Angelis l’a choisi et formé pour sien. Hors de là, il n’est pas homme à se satisfaire de compromis pour tenter de séduire les autres.

Et nous en revenons au point de départ. Un jour, un adolescent quitta son appartement du quartier résidenciel du Parioli, à Rome, pour «tâter» du karting avec la complicité éclairée de son père, Giulio. Et s’il est devenu maintenant l’un des tout premiers pilotes du monde, Elio de Angelis ne le doit qu’à lui-même, son acharnement, à sa classe, à sa vocation, de la vitesse et du risque librement consentis. S’il ne s’était pas voué, corps et âme, à cette carrière de pilote, avec tous les aléas dangereux que comporte une parenthèse d’existence essentielle, Elio de Angelis aurait laissé échapper une de ces grandes occasions du destin qui forgent un homme. Et si, dorénavant, ce garçon à qui le vie a tout donné se programme comme un sérieux postulant au titre mondial, c’est parce qu’il a appris, dans la solitude de son cockpit, le prix de l’effort et de la constance. «Vous croyez ?…» interroge-t-il. Sans scepticisme ni ironie. Ce prince de la vitesse n’aime pas toujours être mis à jour. Laissons le baisser sa visière et regarder, à l’abri de tous les intrus, sa ligne d’horizon, juste au bout de son capot. Il y entrevoit son grand rêve.

© 1984 Sport Auto • Par Renaud de Laborderie • Published here for entertainment and educational purposes, no copyright infringement is intended

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